Le site archéologique de Pardigon II

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La villa de Pardigon II connait son occupation et son développement majeurs entre le Ier et le IIIe siècle après J.-C. Son abandon est daté vers la fn du Ve siècle après J.-C.

 

Vestiges archéologiques

La première phase de découverte correspond à une reconstruction totale afin d’aménager une villa autour du milieu ou durant le troisième quart du Ier siècle après JC, puis à des grandissements successifs et des modifications, intervenus jusqu'au III siècle après JC

 

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La villa durant le Bas-Empire romain

La seconde phase marque une restructuration complète de la villa vers le IVe siècle, avec en particulier l’abandon de l'aile thermale. Cet ensemble ouvre sur la cour centrale, ornée alors d'un bassin d'agrément rectangulaire, tandis que trois cuves, dont seuls les fonds ont été conservés, sont aménagées dans le corps principal de la villa, indiquant sa transformation, au moins partielle, en espace agricole.
Un nouvel ensemble thermal, plus modeste, est aménagé dans les bâtiments de la villa. Un four de tuilier est édifé au sud, à l'extérieur des bâtiments. La villa est définitivement  abandonnée au cours du VIe siècle après. J.-C.

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L'époque Mérovingienne

Les ruines de la villa sont très partiellement réoccupées dans le courant du VIIe siècle. Un grand foyer installé dans une pièce proche de la cour sud a livré un mobilier caractéristique formé de céramique modelée, pour l'essentiel des pots attestés dans des  contextes de la période mérovingienne. Le site est ensuite déserté plusieurs siècles durant.

 

L'époque Médiévale


Au cours du bas Moyen Age, la villa est exploitée comme carrière de pierres à bâtir et de pierres à chaux. Un four est creusé dans la partie sud de la villa, dont le mur de soutènement a été percé d'un orifice et le sol excavé pour aménager une chambre de chauffe. Devant la chambre de chauffe et à ses abords, les niveaux contemporains ont livré quelques tessons de céramique datant du XIVe siècle qui témoignent probablement de la période d’utilisation du four.

Les vestiges de la Douane

 

Acheté par Pierre et Vacances dans les années 1980, le terrain devait faire l’objet d’une Z.A.C. (Zone d’Aménagement Concertée) à vocation touristique. Grâce à l’action des associations locales de protection de l’environnement, le site est protégé depuis 2009. Il est propriété du Conservatoire du Littoral depuis 2013. (Source: Françoise Laurier, Service du Patrimoine et de l’Archéologie, Département du Var, 2016)

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L’occupation contemporaine (douane)

En 1895, l’administration des douanes fait construire une caserne sur l'emplacement de la villa romain. Ses fondations, qui ont largement entamé et parfois détruit les vestiges romains, sont clairement lisibles sur le site. Le bâtiment, d’une surface de 410 m² environ comportait un étage ainsi qu’une cave de 66 m² environ. En 1906 vingt-trois personnes dont dix douaniers résident à la caserne de Pardigon qui a remplacé depuis 1905 les postes de Cavalaire et du Vergeron. En 1926, il n’y a plus que six douaniers en poste et la caserne est inoccupée en 1935. Fin 1943, les Allemands feront sauter la caserne dans le cadre de leur programme de défense des plages de débarquement.

 

Les fouilles et le projet de valorisation du site

 

Historique des recherches

Le site de Pardigon est connu depuis le début du XIXe siècle sous le nom des Boutigo. L'Annuaire du Var de 1832 y signale la découverte d'une dizaine de monnaies romaines. En 1895, une caserne de l'administration des douanes est édifée à cet emplacement, entraînant d’autres découvertes archéologiques. À partir de 1983, la menace de destruction occasionnée par le projet d’un parcours de golf débouche sur des fouilles entreprises en partenariat par le Service Régional de l’Archéologie (D.R.A.C. PA.C.A.) d'une part, et le Centre de Documentation Archéologique du Var associé au Groupement Archéologique de Cavalaire d'autre part.

 

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Les opérations ont été de trois types :

Des sondages d’abord, suivis d’une fouille de sauvetage à laquelle succède une fouille programmée. Ces opérations porteront, principalement sur deux sites, Pardigon 2 et Pardigon 1/3, deux villae d’époque romaine distantes de 500 m environ l’une de l’autre. Sur Pardigon 2, les sondages préliminaires sont réalisés en 1983. S’ensuivent trois campagnes de fouilles de sauvetage de 1984 à 1986, puis trois campagnes de fouilles programmées entre 1988 et 1990. Les fouilles archéologiques ont permis de dégager un secteur de la partie résidentielle de la villa gallo-romaine ainsi qu'une portion limitée et très détruite de la partie agricole au nord. Le site a connu une longue occupation allant du Ier siècle av. J.-C. au VIIe siècle apr. J.-C., suivie d’une réoccupation ponctuelle au Moyen Âge (four à chaux) et se terminant par la  construction de la douane au XIXe siècle. La villa gallo-romaine était établie sur une légère éminence formée d'alluvions consolidées (plage de galets de formation ancienne, possiblement du Tyrrhénien, il y a environ 120 000 ans). Elle est aujourd'hui bordée au sud par un étang, creusé par les excavations de la fouille archéologique, qui se réactive selon la pluviométrie saisonnière.

 

Aujourd’huipardigon planche 3

 

 

Le Conservatoire du Littoral avec l’aide de la commune de La Croix Valmer prévoient d’effectuer des travaux de cristallisation afin de permettre au public d’approcher ce site de plus près.

 

Ces travaux consisteront tout d’abord à stabiliser les murs de l’époque Romaine et à remblayer partiellement les parties les plus abîmées par le temps, dans le but de les conserver. Une ouverture au public pourra être alors envisagée avec un parcours possible sur une  passerelle au dessus du site.